La Citadelle en forme d’étoile

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La Citadelle de Québec, en forme d'étoile ou de polygone, constitue une énorme section du Mur fortifié du Vieux-Québec à son coin sud-ouest et comprend 10 bâtiments intérieurs, dont deux bâtiments construits sous le Régime français. Couvrant une superficie de 40 acres (161 875 mètres carrés ou 1 742 407 pieds carrés), cette Citadelle est la plus grande fortification militaire en Amérique du Nord et elle constitue toujours de nos jours une fortification active. La Citadelle de Québec est formidablement perchée au sommet du Cap Diamant, où la hauteur des hautes falaises atteint jusqu'à 100 mètres (328 pieds), et elle se trouve dans le voisinage immédiat des plaines d'Abraham. Cette Citadelle de Québec a été commencée par les Français en 1750, transformée par les Britanniques en fortification temporaire en 1783, et puis érigée en tant que fortification permanente au début du 19e siècle, entre 1820 et 1831 (pour sa structure extérieure). Les travaux de construction reliés à ses bâtiments intérieurs ont été complétés en 1851.
D'abord et avant tout, les Britanniques voulaient être en mesure d'utiliser la Citadelle permanente de Québec en tant que formidable forteresse de dernier recours pour se protéger contre :
- Une troisième guerre potentielle contre les Américains (semblable aux guerres de 1775 et 1812) ;
- Une éventuelle tentative des Français visant à reprendre le Mur fortifié (tout comme en 1760) ;
- Un soulèvement possible de la population française vivant à Québec.

© 1998 Parcs Canada
Cette dernière raison explique pourquoi certains des bastions polygonaux de la Citadelle de Québec sont orientés vers le Vieux-Québec et non pas dans des directions opposées au Vieux-Québec, comme c'est le cas pour les autres bastions sur le côté ouest du Mur fortifié. Les Britanniques se sont sentis obligés de mettre au point une nouvelle stratégie de défense pour la ville de Québec, dans le cas où une attaque ennemie forcerait leurs troupes à battre en retraite et à attendre des renforts, ce qui comprenait une possible révolte de la population française habitant à Québec.
Après l'ajout de la Citadelle permanente, le Mur fortifié du Vieux-Québec a été appelé « Le Gibraltar de l'Amérique du Nord » par Charles Dickens. La conception de cette Citadelle de Québec est typique de la fin du 18e siècle et du début du 19e siècle, en comparaison avec les ouvrages de défense en Europe. Elle s'inspire des fortifications conçues par l'ingénieur militaire français Sébastien Le Prestre de Vauban au 17e siècle, sous le règne de Louis XIV en France, essentiellement en tant que polygone irrégulier à quatre côtés dont chaque angle constitue un bastion ou un demi-bastion en lui-même.
Le côté sud de la Citadelle de Québec était protégé par des obstacles naturels : les hautes falaises du Cap Diamant et le fleuve Saint-Laurent. Ses côtés ouest, nord et est étaient défendus quant à eux par ses quatre bastions majeurs, lesquels étaient munis de canons et / ou d'artillerie lourde utilisable(s) pour défendre à la fois le fleuve et les territoires qui se trouvaient plus à l'intérieur des terres.
De nos jours, la Citadelle de Québec abrite le quartier général du Royal 22e Régiment, l'unique régiment d'infanterie francophone au sein de la Force régulière des Forces armées canadiennes. Cette Citadelle de Québec constitue toujours une base militaire active. Elle abrite également une résidence officielle pour le gouverneur général du Canada ainsi qu'un musée dédié au Royal 22e Régiment. La Citadelle de Québec en elle-même est reconnue comme Lieu historique national du Canada depuis 1980. En compagnie du reste du Mur fortifié du Vieux-Québec et de l'ensemble du Vieux-Québec, elle forme « l'arrondissement historique de Québec » qui a été déclaré « un Site du patrimoine mondial » par l'UNESCO en 1985.