Pourquoi un tel Mur fortifié?

© 2007 Carl Pépin.
Dans l'ensemble, les raisons qui peuvent le mieux expliquer pourquoi les différentes sections du Mur fortifié du Vieux-Québec ont été constamment en cours de construction, d'entretien, d'amélioration et de reconstruction pendant plus de 400 ans sont les suivantes : des raisons avant tout reliées à l'emplacement exceptionnel de la ville de Québec (du fait que cette région constituait déjà « une forteresse naturelle » sans le Mur fortifié comme tel et qu'elle est pratiquement devenue « une forteresse surnaturelle » avec son ajout) ainsi que des raisons impériales, des raisons économiques et des raisons militaires aussi bien pour la France (de 1534 à 1759) que pour la Grande-Bretagne (de 1759 à 1866). Après 1867, l'embellissement urbain est devenu la principale raison de préserver, d'entretenir et d'améliorer le Mur fortifié du Vieux-Québec.
Examinons ces raisons de plus près...

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Des raisons de « forteresse naturelle » — D'abord et avant tout, la ville de Québec était située à un endroit très spécial, vraiment très spécial, le long du fleuve Saint-Laurent. La navigation était difficile sur ce fleuve très long, à tel point qu'il était considéré comme un cauchemar pour tout navigateur. Il était connu et craint pour ses rochers, ses récifs, ses bancs de sable, son épais brouillard, ses traîtres courants et ses rapides montées de marée. Ajoutez à cela le rétrécissement du fleuve Saint-Laurent dans la région de Québec. Avec des canons placés à intervalles stratégiques au sommet des hautes falaises dominant les deux côtés de ce fleuve (le côté de la ville de Québec pour sa rive nord et le côté de la ville de Lévis pour sa rive sud), les forces armées ayant le contrôle de ces deux rives étaient en mesure de bombarder fortement tout navire ennemi qui tentait de passer entre elles. Le rude climat dans cette région jouait également un rôle clé : la glace, la neige et la température par grands froids compliquaient de beaucoup les choses pour tout ennemi potentiel pendant les nombreux mois d'un long et rigoureux hiver. Donc, voici exactement de quoi il s'agissait : d'un double promontoire fait de hautes falaises sur chacun de ses côtés qui dominait le fleuve Saint-Laurent et qui était idéalement situé pour construire un système de défense, incluant un Mur fortifié pratiquement inattaquable durant le long hiver et imprenable durant le reste de l'année.
Des raisons impériales — Le « Nouveau Monde », comme l'hémisphère occidental et plus spécialement le bloc continental des Amériques ont été appelés par les explorateurs européens à l'époque de l'Âge des grandes découvertes (entre le début du 15e siècle et le début du 17e siècle), était là, prêt à être exploré et éventuellement conquis. Pour des superpuissances européennes comme la France et la Grande-Bretagne, le désir de s'approprier de tels territoires, en ce qui concerne l'Amérique du Nord en particulier, était tout simplement irrésistible. Ces superpuissances européennes avaient toutes deux besoin de plus de colonies afin d'étendre leurs empires respectifs et l'Amérique du Nord constituait une cible de choix à ces fins. Cela explique pourquoi la construction, l'amélioration et le contrôle du Mur fortifié du Vieux-Québec revêtaient tellement d'importance pour chacune de ces deux superpuissances européennes. Une fois que tout a été dit et que tout a été réalisé, à partir d'une perspective historique d'ensemble, on peut constater que les Britanniques ont complété après 1759 ce que les Français avaient commencé à compter de 1608, soit : la construction et la consolidation d'un Mur fortifié de toute première importance en Amérique du Nord, impliquant le contrôle de tout le trafic maritime sur le fleuve Saint-Laurent naviguant en direction de Montréal et des Grands Lacs depuis le nord-est de la ville de Québec aussi bien que le contrôle de tout le trafic maritime sur le fleuve Saint-Laurent naviguant en direction du golfe du Saint-Laurent et de l'océan Atlantique depuis le sud-ouest de la ville de Québec.

© 2009 Communications, Québec
Des raisons économiques — Alors que le navigateur et explorateur français Samuel de Champlain remontait le fleuve Saint-Laurent en 1608, l'année où il a fondé la ville de Québec, il était d'abord et avant tout à la recherche d'un emplacement afin d'établir un Poste pour la traite des fourrures, et c'est bien là ce qu'il fit. La nécessité de fortifier cet emplacement ne s'est manifestée que plus tard et a été en grande partie influencée par le besoin de protéger ce Poste pour la traite des fourrures contre les nations et les tribus amérindiennes qui étaient ennemies des Français (contre les Iroquois, en particulier, surtout au cours du 17e siècle) et aussi contre les Britanniques. Pour les Britanniques, la principale raison économique était le lucratif commerce du bois, parce qu'ils avaient grandement besoin de bois pour construire les navires de leur marine et aussi parce que le bois pouvait être trouvé en abondance dans cette partie du Nouveau Monde. Tout comme les Français avant eux, une fois qu'ils ont pris le contrôle du Mur fortifié du Vieux-Québec, les Britanniques ont senti le besoin de protéger leurs intérêts économiques contre leurs ennemis réels et potentiels. Ils ont senti le besoin de défendre la ville de Québec, leur principal port vers l'Europe, contre les Américains (qui ont attaqué Québec en 1775), contre les Français (qui ont tenté de reprendre Québec en 1760) et contre la population française qui vivait dans la ville de Québec (dont ils pensaient qu'elle pourrait éventuellement se révolter contre les autorités britanniques). Il est important de noter que le port de Québec était à cette époque-là et demeure encore de nos jours l'un des ports les plus importants en Amérique du Nord.

Bibliothèque et Archives du Canada
Des raisons militaires — Le site qui est maintenant occupé par la ville de Québec et sa région était déjà connu en 1608, mais le vaste potentiel défensif d'un tel site, unique en son genre, « là où le fleuve rétrécit », n'avait pas encore été exploité. Cela a changé rapidement, constamment et profondément... pendant les quelque 250 années qui ont suivi. Les stratèges militaires aussi bien français que britanniques ont compris cet incroyable potentiel défensif et ont cherché à l'exploiter dans toute la mesure du possible, ayant toujours à tenir compte du bon vouloir de la mère-patrie en ce qui concerne le financement relié à l'actualisation de leurs desseins militaires. Plus particulièrement, le côté faible du Mur fortifié du Vieux-Québec était son côté ouest, parce qu'il n'y avait pas de hautes falaises de ce côté-là qui auraient été capables d'offrir le formidable complément d'une « forteresse naturelle » au sommet de laquelle seraient venus s'ajouter de simples murs fortifiés ou remparts, comme ce fut le cas pour ses côtés nord, est et sud. Donc, parce qu'il était « naturellement » le plus vulnérable, c'était ce côté ouest du Mur fortifié qui demandait le plus d'attention. Dans l'ensemble, en tant qu'élément clé du système de défense pour la région de Québec, le Mur fortifié du Vieux-Québec a été mis à rude épreuve à cinq reprises au cours de sa longue histoire et a été renforcé après chacune de ces cinq grandes épreuves grâce à diverses améliorations. Ces cinq épreuves majeures sont survenues en 1629, 1690, 1759, 1760 et 1775. Elles seront bientôt examinées de plus près.

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Des raisons « d'embellissement urbain » — Après 1867 et la naissance de la Confédération canadienne, il fut de plus en plus clair que le Mur fortifié du Vieux-Québec était devenu de plus en plus désuet, militairement parlant, en raison des progrès de la technologie militaire. Les progrès de l'artillerie à fusils, en particulier, qui était devenue beaucoup plus puissante et beaucoup plus précise, avait transformé la façon dont les guerres étaient menées à cette époque. Le Mur fortifié du Vieux-Québec fut graduellement abandonné et beaucoup de ses pierres furent alors victimes de pillards. Après le départ des troupes britanniques en 1871, il ne resta plus assez d'hommes et d'argent pour effectuer des réparations. Et puis… c'est à ce moment-là qu'arriva le sauveur moderne et l'embellisseur de ce Mur fortifié du Vieux-Québec : Lord Dufferin, qui fut gouverneur général du Canada de 1872 à 1878. Quand il est arrivé au Canada en 1872, Lord Dufferin a été immédiatement séduit par la ville de Québec, par le charme particulier et les trésors architecturaux du Vieux-Québec et de son Mur fortifié, par les vestiges d'un passé légendaire. Par conséquent, il élabora un glorieux projet d'embellissement qui fut appelé « Le projet Dufferin ». Il réussit à concilier la modernisation et la conservation avec le développement d'un monument historique de gigantesques proportions. Ses conceptions furent si fascinantes qu'il obtint le soutien de toutes les sphères de la société à cette époque : l'opinion publique se retourna en sa faveur, la reine Victoria approuva son projet, et chaque administration publique (allant du conseil municipal de la Ville de Québec au gouvernement fédéral du Canada) contribua à sa réalisation. Aujourd'hui, le Vieux-Québec et son Mur fortifié sont considérés par l'UNESCO comme « un Site du patrimoine mondial ». La ville de Québec est l'une des destinations touristiques les plus prisées dans le monde. Et Lord Dufferin doit encore être tout sourire en pensant à l'histoire de sa réussite des plus étonnantes.
ET MAINTENANT…
Maintenant que nous savons ce à quoi ressemble le Mur fortifié du Vieux-Québec au 21e siècle, avec toutes ses différentes sections, et maintenant que nous comprenons les raisons pour lesquelles il a été construit, préservé, entretenu et amélioré pendant plus de 400 ans…
LE TEMPS EST VENU…
Pour une nouvelle aventure dans la découverte du Mur fortifié du Vieux-Québec…
Le temps est venu…
DE « VOYAGER DANS LE TEMPS »...
Et pour cela, nous aurons besoin d'un outil très spécial.
Donc, nous le ferons…
AVEC NOTRE UNIQUE « MACHINE À VOYAGER DANS LE TEMPS ».
Nous allons voyager dans le temps et faire l'expérience par nous-mêmes de la « vie » du Mur fortifié du Vieux-Québec.